Monographie rédigée par M JACQUARD, instituteur

DUPLICATA d'une MONOGRAPHIE de la commune de GERGY
rédigée par MONSIEUR JACQUARD Instituteur en 1887 - (
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Monographie communale de GERGY, canton de VERDUN-SUR-LE-DOUBS

arrondissement de CHALON-SUR-SAONE, département de SAONE-ET-LOIRE

GERGY, anciennement GERGI, ou encore GERGIS, "GERGGEIACUM GERGEIUM" ainsi indiqué dans COURTEPEE, 1870.

Mais les renseignements précis manquent sur l'étymologie de ce mot.

Ce village est situé sur un petit coteau, rive droite de la SAONE, qui forme sa limite à l'Est et sépare son territoire de VERJUX.

" Situation charmante sur une élévation, dont le pied est baigné par la SAONE" dit encore Courtépée" "Partie du territoire en franc aleu" (id)

Longitude est 2° 36'40" - Latitude nord 46° 52' 42" - Altitude 197.20 m

A 9 km de VERDUN-SUR-LE-DOUBS (Chef lieu de canton) 14 km de CHALON-SUR-SAONE (Chef lieu d'arrondissement), 72 km de MACON (Chef lieu de département).

La commune de GERGY est confinée au Nord par les communes d'ALLEREY et de ST LOUP de la SALLE, à l'ouest par celles de DEMIGNY, LESSARD LE NATIONAL, et VIREY, au sud par celle de SASSENAY, et à l'est par la SAONE comme il est dit plus haut.

Hameaux : Bougerot, Raconnay, Villeneuve

Ecarts Osnay, Le Bois Curé, la Loge, la Maladière, le Moulin de la Folie, le Pré Vernois, les Quarante arpents.

La population totale est actuellement de 1784 habitants qui se répartissent ainsi :

Population agglomérée, comprenant le bourg seulement : 751 habitants, avec 193 maisons et 249 ménages.

Population éparse, disséminée dans les hameaux ou écarts : 1022 habitants, avec 249 maisons et 267 ménages.

La position du bourg, où se trouvent, comme toujours les commerçants, s'explique facilement. Il est établi à la limite Est du territoire, à 500 mètres environ de la SAONE et sur une grande voie de communication. La partie à l'Ouest, autrefois, était presque entièrement couverte de bois.

Superficie totale : 3884 hectares, dont 1582 en terres labourables, 188 en prés, 107 en vignes, et environ 1700 en bois.

Pays de plaine, de charmants coteaux garnis de vignes s'étendent du Nord au sud, en longeant la SAONE. Bonnes prairies arrosées par les biefs de Saudon, de l'Etang, de Collonge et de la Vendaine, qui versent leurs eaux dans la rivière. A l'Ouest, on voit de vastes forêts, dont la majeure partie est aujourd'hui la propriété des héritiers de Monsieur le Comte de Toqueville.

La notice et le calque ci-dessous peuvent donner une idée suffisante de la constitution géologique du sol. Nous devons ces renseignements à l'obligeance de Monsieur PIGNERET-CESSOT, conducteur des Ponts et Chaussées à CHALON-SUR-SAONE et propriétaire à GERGY.

A : Alluvions modernes : Les alluvions modernes constituent les plaines submergées aux époques d'inondation; elles occupent de vastes étendues sur la rive droite de la SAONE et sur la rive droite du Doubs. Ce sont des limons argileux ou argilo-calcaires.

B : Sable de Chagny : Importante formation de sable et de graviers siliceux, micacés, et d'argiles grises, blanches, rosées, quelquefois même bariolées, souvent réfractaires.

D : Marne à lignite de Soblay : Marnes généralement bleues, mais parfois vertes ou rouges, contenant des lignites. Elles ont été rencontrées dans toute la Bresse par les puits peu profonds.

G : Limon ferrugineux : Presque toute la Bresse est recouverte d'un manteau de limon argileux, renfermant des grains de minerai de fer hydroxydé et à sa partie inférieure des rognons calcaires. Pas de fossiles.

Hydrographie :

Un seul cours d'eau important : la SAONE, qui coule du Nord au sud entre les communes de VERJUX, de DAMEREY et de BEY d'une part, et celle de GERGY, d'autre part.

Elle reçoit :

1) La VENDAINE assez fort ruisseau venant de la forêt,

2) La Varende presque insignifiante,

3) Le ruisseau de l'Etang de Collonge,

4) Le ruisseau de l'Etang de Rully dit Bief de Saudon.

Aucun de ces cours d'eau ne prend sa source sur le territoire de la commune, et leurs vallées sont en général peu profondes et presque perpendiculaires à la SAONE.

Voici quel est le régime de la SAONE à GERGY. Constatons en passant, qu'il est sensiblement le même qu'à CHALON.

Débit moyen en temps ordinaire : 175 m3 par seconde

Débit moyen en temps de crue 1392 m3 par seconde

Principales crues : en 1840 hauteur 7,28 m au-dessus de la normale

en 1856 hauteur 6,56 m au-dessus de la normale

en 1883 hauteur 6,53 m au-dessus de la normale

Celles de 1872, 1875, 1876 ont été plus faibles que les autres.

Il n'existe aucun gué dans la SAONE sur le territoire de GERGY. En face du hameau de Bougerot, et plus particulièrement à l'époque des basses eaux, le courant est si faible qu'on ne sait au juste de quel côté s'écoulent les eaux de la rivière ce qui justifierait le mot de JULES CESAR : "Lentus Arar".

Un magnifique pont en pierre sur la SAONE, dû à la munificence de Madame BOUCICAUT, propriétaire des Magasins du Bon Marché à PARIS, native de VERJUX, va être construit incessamment, pour relier cette commune à GERGY. Nous regrettons de ne pas en avoir le plan pour en donner ici le croquis. Tout ce que nous en savons c'est qu'il s'appellera PONT MARGUERITE BOUCICAUT, du nom de sa bienfaitrice.

Les dernières études s'achèvent en ce moment : des ouvriers sont occupés à ficher des sapins en terre, pour s'assurer de la solidité et de la ténacité du sol.

On compte à GERGY 7 étangs d'une superficie totale de 69 Ha, les plus considérables sont ceux de Villeneuve : 33 Ha; de Collonge : 12 Ha; du Mur : 10 Ha; de Rully : 8 Ha; du Mitant : 6 Ha; au nord-est de Bougerot, on rencontre un marais où le bétail ne peut pénétrer sans danger. L'eau des puits dans cette partie de la commune s'en ressent et n'est pas bonne à boire; partout ailleurs, elle est très potable, surtout celle du puits communal qui se trouve devant la mairie.

Bois futaies ou taillis : au couchant du village, vaste forêt appartenant presque en totalité aux héritiers de Monsieur de Toqueville 1700 Ha en y comprenant les bois des autres particuliers groupés alentours. Aménagés pour être coupés en moyenne tous les 20 ans, ces bois procurent du travail à bon nombre d'ouvriers journaliers ou bûcherons à l'époque de la morte-saison, fournissent, outre une masse de combustible, des pièces pour la marine, pour la charpente, la menuiserie et le charronnage.

Une certaine étendue à été défrichée, il y a une trentaine d'années, ce que les gens regrettent, car le sol n'est guère propre à la culture. Il n'y a pas eu de reboisement.

Climat :

Le climat est salubre et tempéré. Température la plus basse : - 10°; la plus élevée + 35°. Baromètre : moyenne 763.

Agriculture :

Le pays est essentiellement agricole : Le territoire y est fertile en général, et les céréales de toute espèce y sont cultivées, ainsi que le colza et la navette.

La vigne y donne aussi de bons produits; qui n'a entendu parler des vins blancs de GERGY, recherchés par le commerce à cause de l'acide tartrique qu'ils contiennent en abondance, ce qui permet de les utiliser avantageusement pour faire des recoupages avec des vins du Midi.

Les prairies naturelles, qui s'étendent le long de la SAONE, fournissent du foin de première qualité mais elles sont insuffisantes et sujettes aux inondations. On y remédie par la luzerne et le trèfle, qui sont cultivées sur une assez grande superficie.

L'élevage du bétail constitue, d'ailleurs, une des principales sources du revenu pour le cultivateur.

Voici, du reste, le tableau des produits agricoles pour 1886 : Blé froment 8280 hl; seigle 3000 hl; avoine 1440 hl, maïs 240 hl, orge 240 hl; sarrazin 30 hl; pommes de terre 12000 quintaux, vins blancs 1700 hl (récolte médiocre); betteraves à sucre 2500 q., betteraves fourragères 6000 q., prairies artificielles, luzerne 450 q., trèfle 900 q., fourrages annuels (trèfle rouge consommé en vert 2250 q. prés naturels 4230 q.); colza et navette 16 hl (récolte insignifiante).

Bétail :

Race chevaline 102 têtes

Race asine 1 tête

Race bovine 1338 têtes

Race porçine 464 têtes

Race caprine 24 têtes

Un règlement municipal sur l'exercice de la vaine pâture fait dépense de tenir des moutons et des oies. A ce sujet, les registres de la municipalité font mention d'un recensement de la rave ovine opéré en 1802 et d'après lequel il existait à GERGY à cette époque plus de 1700 moutons.

Ruches d'abeilles : 270 unités.

Nous transcrivons ici à titre de curiosité une note insérée à la dernière page du 1er registre pour les délibérations municipales de GERGY par Monsieur THIBERT alors Maire de GERGY.

"Les vignes cette année (en 1802) ont été généralement gelées sur GERGY et ce jusqu'à 3 fois de suite, de manière que très peu de personnes ont vendangé. Le 1er vendémiaire An II, la vendange était ramassée, le peu de vin qui fut fait était à un prix exorbitant. Plusieurs habitants l'ont vendu jusqu'à deux cent vingt francs la queue (les deux pièces de 2281). Ce qu'il y a eu de singulier, c'est qu'après cette funeste gelée, la vigne repoussa de nouveaux raisins qui par l'effet d'une sécheresse de plus de trois mois, parvinrent à maturité au point que trois semaines après la première vendange, l'on en fit une seconde dont le vin se trouva de bonne qualité et se vendit encore couramment 150,00 Francs la queue."

"Ce triste évènement eut lieu le 27 floréal (16 mai) et se répéta le 28 et le 29 suivants."

Commerce et industrie :

"Le pays est commerçant" disait déjà COURTEPEE en 1870. Le village de GERGY est, en effet, admirablement situé pour les transactions commerciales. Il est traversé, d'une part, par le Chemin de Fer de Chalon à Dole, avec gare à proximité du bourg. D'autre part, par les chemins de grande communication n° 5 de CHALON-SUR-SAONE à ALLEREY-SUR-SAONE et n° 94 de RACONNAY aux QUATRE CHEMINS ou à la route de BEAUNE. Enfin, il existe un port sur la SAONE à RACONNAY.

Le bureau de la gare est ouvert à la télégraphie privée.

GERGY est en outre doté de quatre foires annuelles qui se tiennent aux dates ci-après : 30 janvier, 1er lundi d'avril, 22 septembre et 15 novembre. Celle du 22 septembre est très ancienne et très fréquentée. Des quantités considérables de bestiaux y sont amenées et font l'objet d'un grand commerce.

Un poids public est installé au centre du village. De plus, un marché aux comestibles, beurre, œufs, volailles, gibier, jardinage, a lieu le mardi de chaque semaine.

On compte à GERGY deux boulangers, deux bouchers, un charcutier, 13 marchands de mercerie, épicerie, ou rouennerie, 11 aubergistes ou cabaretiers, 1 négociant en grains et farines, 1 plâtrier peintre, 4 cordonniers, 3 menuisiers, 5 maréchaux forgerons, 5 charrons, 4 jardiniers, 3 maîtres maçons, 1 graveur sur métaux, 1 modiste, 3 ouvrières en robes, 1 marchand tailleur d'habits, 2 fabriques de bas à la machine, occupant une vingtaine d'ouvrières.

Monsieur le COMTE de CHARDONNET, ingénieur distingué et propriétaire à GERGY, a pris dernièrement un brevet d'invention pour une "machine à filer les liquides" : il a, à force de recherches, découvert le moyen de fabriquer de la soie artificielle avec des matières végétales, telles que coton, herbes sèches, pâte de bois, etc. Un petit laboratoire qu'il avait établi à GERGY pour ses premiers essais a été tout récemment transféré dans sa propriété du VERNET (ISERE) où il continue ses études. Nul doute, dit-on, qu'il n'arrive à la réalisation complète de son procédé. Si le fait se produit, comme tout porte à le croire, ce sera toute une révolution dans l'industrie de la soie, car ces nouveaux produits, dont la qualité ne le céderait en rien à celle de la soie naturelle, pourraient être livrés à 70 % meilleur marché.

Les tuileries de GERGY ont été de tout temps renommées. Une seule reste en activité, les autres ayant été supprimées. Ses produits, tuiles, gazons, briques, etc, s'écoulent facilement, même au lointain, dans la COTE d'OR surtout. Les quantités vendues en 1886 ont été les suivantes : dans l'intérieur de la commune, 50 000; à l'extérieur, 350 000, soit, à raison de 30 Francs le mille, une valeur de 12 000 Francs.

A l'égard du chiffre de la population, COUTEPEE, en 1870, parle de "1 200 communiants répartis en 300 feux".

En 1793, on comptait 1542 "âmes", parmi lesquelles se trouvent 450 admissibles à voter dans les assemblées primaires".

En 1798, la population était composée de 1900 habitants

1800 1762 habitants

1803 1825 habitants

1820 1680 habitants

1836 1811 habitants

1841 1799 habitants

1846 1807 habitants

1851 1826 habitants

1856 1855 habitants

1861 1819 habitants

1866 1827 habitants

1872 1776 habitants

1876 1708 habitants

1881 1707 habitants

1886 1784 habitants pour 464 feux

On voit qu'aujourd'hui, il y a un peu moins de 4 personnes par ménage.

La population agglomérée est de 760 habitants

éparse 1024 habitants

1784 habitants

Lors du dernier recensement, la population flottante était de 32 individus. On remarque que de 1803 à 1820, période des guerres du Premier Empire, la population diminue de 145 habitants, pour se relever ensuite. A dater de 1876, elle décroît aussi, mais dans une proportion moindre. Ce dernier résultat peut être attribué à quelques émigrations dans les villes.

En résumé, la population de GERGY ne s'écarte pas sensiblement du chiffre de 1800 âmes.

COURTEPEE s'exprime ainsi en parlant du village : "On y vit dans la plus agréable société. Les plus anciennes familles sont les FARION, COLAS, SIMONOT, et MUNIER. La première et la dernière existent encore."

Le pays est admirablement situé pour la pêche et la chasse. Aussi, les habitants de la ville commencent à s'y établir des pied-à-terre. De superbes maisons bourgeoises se dressent çà et là, soit dans l'intérieur du bourg, sur les coteaux avoisinant la SAONE, soit dans les hameaux. Le reste des habitations se compose de bâtiments de ferme ou de simples baraques. En 1869, pour ne pas remonter plus haut, la moitié des constructions (230 sur 464) était couverte en chaume. De nos jours, les toits de ce genre tendent de plus en plus à former l'exception. Les tuiles rouges qui remplacent partout la paille donnent au paysage un aspect gracieux.

La propreté règne dans les ménages. Cependant beaucoup de logements sont trop peu spacieux. De même, les écuries et les étables sont souvent insuffisantes, eu égards au nombre d'animaux qu'elles renferment, et la déplorable habitude de déposer les fumiers et immondices à la porte des habitations trouve encore quelques partisans.

Les gens se nourrissent bien en général, ou du moins, la nourriture qu'ils prennent est assez substantielle. Le pain de froment, le lard, les pommes de terre, le laitage, forment la base de l'alimentation chez le cultivateur et l'artisan. On y consomme aussi une certaine quantité de viande de boucherie et jusqu'à ces dernières années, on y buvait "Son petit coup de blanc". Comme partout ailleurs, les maladies diverses qui sévissent sur la vigne font augurer pour l'avenir. Comme conséquence de cet état de choses, les salaires y sont relativement élevés : un journalier agricole gagne 2,00 Francs à 2,50 Francs et même 3,00 Francs non nourri; et 1,00 Francs à 1,50 Francs s'il est nourri. Les autres corps d'état, maçons, menuisiers, charrons, jardiniers ne reçoivent pas moins de 4,00 Francs par jour, nourriture non comprise.

En regard de ces chiffres, nous transcrivons ici en entier, comme nous semblant offrir un véritable intérêt, le document suivant extrait du "cahier servant de registres aux délibérations de la commune de GERGY" pour l'année 1793.

" L'An 1793, l'an 2 de la République Française, et le 8 novembre, à quatre de relevée, dans l'assemblée du Conseil Général de la commune, tenue pour fixer le maximum ou le plus haut prix des salaires, gages, main d'œuvre, journée de travail dans l'étendue de cette commune de GERGY, conformément à la loi du 29 septembre dernier, il a été arrêté ce qui suit :"

" Les manouvriers qui se nourriront auront en hiver 25 sols au printemps et en automne 30 sols, en été auront 40 sols. Quand les manouvriers seront nourris seront à moitié du prix ci-dessus."

"Les femmes manouvrières auront en les nourrissant 9 sols, et sans nourris le double, énonce ci-dessus; pour la fauchaison et la moisson, un faucheur aura pour chaque soiture de pré (34a 28ca) 3 livres et deux chopines de vin; un moissonneur aura 36 sols et sa nourriture; une moissonneuse aura 24 sols et nourrie; les laboureurs auront par coup de charrue d'un journal (34a 28ca) 4 livres et 10 sols."

"Le premier domestique mâle d'un cultivateur capable de conduire l'ouvrage aura 180 livres (aujourd'hui il faut parler de 400 livres) pour tout salaire outre la nourriture et le logement. Un second domestique mâle aura 120 livres pour tout salaire outre la nourriture et le logement. Un petit domestique mâle cond
isant le bétail au pâturage, même les chevaux, aura pour tout salaire 72 livres outre la nourriture et le logement."

"Les domestiques femelles de la première class
auront 75 livres outre la nourriture et le logement, et ce pour tout salaire. Les domestiques femelles de la seconde classe auront 50 livres pour tout salaire outre la nourriture et le logement. Les petits bergers de l'un et l'autre sexe auront pour tout salaire 30 livres outre la nourriture et le logement. Les pionniers auront sans nourriture 36 sols par jour. Les scieurs de long auront par jour 45 sols sans nourri. Les charpentiers auront 45 sols en été et 36 sols en hiver sans nourris. Les charrons auront en été 36 sols avec la nourriture, en hiver 36 sols et nourris. Les garçons thuilliers, les mouleurs, conréieurs, charrieurs auront pour les 8 mois de travail 180 livres et nourris. Un tailleur aura pour un habit, veste et culotte, fourniture de fil, poil de chèvre et soie 9 livres. Pour un habit seul ou anglaise seul aura 4 livres 10 sols. Les garçons tailleurs auront par jour avec la nourriture, 10 sols. Les tailleuses auront par jour 6 sols avec la nourriture, les blanchisseuses auront par jour 10 sols avec la nourriture. Les meuniers ne pourront se payer en grains et auront 5 sols par mesure rendue sur le grenier. Quand on conduira son blé au moulin, aura 4 sols par mesure."

"Un cabaretier aura pour une bouteille pleine 1 sol par bouteille de vin commun, et les particuliers vendant le vin au pot renversé auront 6 deniers en sus du prix de la taxe. Pour le surplus des articles dont la taxe ne se trouve pas ici comprise, le Conseil général de la Commune admet la taxe faite par la Commune de CHALON dont il a copie."

"A GERGY, dans la chambre commune le 9 novembre 1793 l'an second de la REPUBLIQUE française une et indivisible et démocratique et ont signé ceux qui ont su le faire "

suivent les signatures...............................................................................

Santé :

L'état sanitaire à GERGY est des plus satisfaisant. De mémoire d'homme, on n'y a constaté la moindre épidémie ou maladie contagieuse. Ainsi en 1854, tandis que le choléra faisait de nombreuses victimes dans les communes environnantes notamment à VERJUX, GERGY était épargné. Le fait s'explique facilement : en effet, l'heureuse situation du village au sommet du coteau, le voisinage des eaux courantes, d'une part, et des bois, de l'autre, exercent sans contredit la plus salutaire influence sur le tempérament physique des habitants. Aussi ne manque-t'il pas de vieillards de l'âge de 80 ans et au-dessus !

Communications :

La commune est mise en communication directe avec CHALON-SUR-SAONE, CHAGNY, DOLE, GRAY, et DIJON, grâce à la ligne de CHALON à GRAY, à laquelle vient s'embrancher à ALLEREY la nouvelle ligne de CHAGNY à DOLE. La gare de GERGY importante au début, a perdu depuis l'ouverture de celle d'ALLEREY, mais elle reprendra par suite de l'établissement du pont MARGUERITE BOUCICAUT sur la SAONE, dont l'adjudication des travaux aura lieu dit-on le 15 novembre prochain (1887).

Outre les chemins de grande communication n° 5 et 94 et d'intérêt commun n° 39, le pays est sillonné par de nombreux chemins vicinaux pour la plupart bien entretenus, viable en toute saison, ceux-là surtout qui relient les hameaux au chef-lieu. La longueur totale des chemins classés est d'environ 26 kilomètres, et près de 50 chemins ruraux servent à la desserte des propriétés. Un cantonnier spécial est chargé de la surveillance des chemins vicinaux.

La SAONE est la seule voie navigable : il y a, à RACONNAY, un port pour l'embarquement des bois de futaie destinés à la marine et des autres
bois de chauffage venant de la forêt de GERGY.

Un bac avec câble sous l'eau relie les deux communes de GERGY et de VERJUX. On sait qu'il est appelé à disparaître, le jour où le pont Boucicaut sera achevé. Le revenu de ce bac appartenait autrefois à la commune, ainsi qu'il résulte de documents retrouvés dans les archives de la mairie. Aujourd'hui, il est la propriété du département.

Administration :

En raison de la population, le Conseil Municipal est composé de 16 membres et il élit 3 délégués pour les élections sénatoriales. Bien que la commune soit très étendue, il n'y a qu'un collège électoral pour les 532 électeurs inscrits sur les listes. Naturellement, le maire et l'adjoint sont nommés par le conseil municipal, ainsi que le veut la loi.

Un garde champêtre salarié veille sur les propriétés. A ce sujet, citons une ancienne coutume qui pourrait paraître bizarre de nos jours. Les registres de la municipalité nous apprennent que, pendant la révolution, cette surveillance était exercée par 8 gardes-champêtres nommés par le conseil municipal et choisis obligatoirement parmi les propriétaires notables du pays, savoir 2 à GERGY, 2 à RACONNAY, 2 à VILLENEUVE et 2 à BOUGEROT. Leur salaire (car ils en recevaient un) était fixé par ledit conseil à "2 SOUS par journal de terre ensemencée et 2 SOUS par soiture de pré, par an".

Ne semble-t'il pas que la garde des champs, confiée en définitive aux intéressés eux-mêmes, était une excellente mesure? Et d'ailleurs, ces préposés gardes-champêtres étaient renouvelés tous les ans, et chaque propriétaire y passait à son tour. Etait-il fier d'être investi de telles fonctions. On peut en douter, si l'on en juge par la teneur du procès-verbal de la séance du conseil où furent nommés les 8 premiers gardes-champêtres. Il y est dit que plusieurs assemblées générales avaient été convoquées dans ce but et qu'il "ne s'est présenté personne pour vaquer à cette opération".

Les nominations furent faites d'office.

La commune possède environ 85 ha de terrain, dont la moitié est affermée et l'autre moitié abandonnée aux habitants pour le pâturage du bétail. Une taxe par tête est perçue au profit de la caisse municipale. Le percepteur d'ALLEREY est en même temps receveur municipal de GERGY.

Les revenus communaux s'élèvent à la somme de 5 073 Francs, dont la plus grande partie provient de l'amodiation de terrains ou de rente sur l'état. La valeur du centime est de 152 Francs.

La commune se trouve un peu obérée pour le moment. Elle est frappée :

1°) pour ses chemins, (1er et 2e réseaux subventionnés) de 2 centimes jusqu'en 1905, et de deux autres centimes jusqu'en 1912.

2°) pour ses écoles, de 13 centimes jusqu'en 1910 et de 2 centimes jusqu'en 1897.

Mais les améliorations obtenues dans les différents services ont compensé au-delà les sacrifices imposés aux contribuables.

Un bureau de bienfaisance fonctionne à GERGY dès l'année 1769. Le montant de ses revenus est actuellement de 678 Francs. Le nombre des indigents secourus annuellement est de 25 environ. Presque toujours, ce sont des secours en nature qui leur sont distribués à domicile. Une somme est consacrée à l'entretien des malades pauvres à l'hôpital de CHALON.

Instruction

Les archives antérieures à 1793 ayant été brûlées en partie comme entachées de féodalité, ainsi que le constate un procès-verbal en date du 10 août de cette année, il ne nous reste absolument que les registres de catholicité pour nous éclairer sur la question de l'enseignement.

Dès les commencements du 18e siècle, on y voit figurer des noms de recteurs d'école qui ont signé comme témoins au bas des actes de sépulture :

1721 Lazare BROUILLY

1738 Nicolas CAVARD

1743 Vivant CAVARD

1757 Pierre LAJOYE : rt jusqu'en 1763, ce dernier apparaît conjointement avec Vivant CAVARD, ce qui attesterait l'existence simultanée de deux écoles pour cette période, ou peut-être encore celui-ci retiré dans la commune, aurait conservé le titre attaché à ses fonctions.

1771 enfin François ROTHEVAL qu'on retrouve en 1792. Il démissionna le 18 pluviose an VI pour ne pas subir l'interrogat, sorte d'examen imposé à tous les instituteurs qui exerçaient alors sans titre, par l'administration centrale du département (D'après le Livre d'ordre de la Mairie). Il mourut le 5e jour complémentaire de l'an VI (21 septembre 1798) à l'âge de 48 ans.

1794 Jean-Baptiste TEINTURIER agréé le 28 floréal an2 ( 17 mai 1794)

1797 René RENAUD.

Ainsi il est parfaitement prouvé que l'instruction primaire était donnée dans la commune avant la révolution. Des délibérations postérieures établissent surabondamment que l'école était installée au presbytère, sous les auspices du curé, qui, selon les règlements de ce temps-là, nommait les maîtres sur la présentation des notables dormant, sous sa présidence, le conseil de surveillance.

De 1798 à 1803, il existe une lacune. L'école dut être fermée, lorsque la cure fut devenue propriété de l'état comme bien national.

Le presbytère ne fut cependant pas aliéné à cause de "l'état de vétusté" dans lequel il se trouvait. Il servit à loger des familles pauvres qui ne payaient aucune rétribution.

Le 25 fructidor de l'an 7 (12 septembre 1800), les maire et adjoint considérant que de tout temps il y a eu un instituteur dans cette commune pour instruire la jeunesse, que sa population qui s'élève à 1800 habitants rend cette mesure indispensable, que pour fixer sur les lieux un citoyen capable de remplir ces pénibles fonctions, il est de toute justice de lui offrir toutes les douceurs que les localités permettent que les revenus modiques de la commune ne peuvent la porter à faire un grand sacrifice, qu'il est pourtant indispensable de lui procurer un local commode pour tenir son école et lui servir en même temps d'habitation,

"considérant que dans beaucoup de communes les cy-devant cures ont été accordées aux municipalités pour le logement des dits instituteurs, que ce n'est que depuis la mort du dernier instituteur soldé que celle de GERGY a été amodiée par la République, que depuis cette époque l'on n'y a fait aucune réparation, que le produit de ces amodiations qui ne sont que d'une année à l'autre ne sauraient suffire aux réparations urgentes qu'elle demande, que par conséquent ce bâtiment ne peut d'aucun revenu utile à la République etc, etc arrêtent qu'il sera fait une pétition au PREFET du Département pour obtenir la jouissance de la ci-devant cure po
r y loger un instituteur" (registre Ier page 10)

Cette jouissance fut accordée par arrêté préfectoral du 24 vendémiaire an 9 (13 octobre 1800) à la charge pour la commune "de réparer le local" et pour l'instituteur "de se conformer aux règlements existants sur les écoles primaires".

La municipalité manquant de ressources, ne fit pas les réparations urgentes prévues par l'expert VIOLET pour une somme relativement faible (1048 Francs). Elle loua le bâtiment à un tiers pour un bail de trois ans, en lui posant comme condition de verser un acompte immédiatement sur le prix total du fermage, la somme de 300 Francs nécessaire pour acquitter une partie des réparations, se réservant d'allouer une indemnité à l'instituteur, qui dut, en attendant, chercher un autre local. Il était qu'il serait définitivement placé à la cure à l'expiration du bail. Durant cet intervalle (1800-1803), il s'établit dans la commune plusieurs petites écoles pour ainsi dire indépendantes, tenues en partie par des femmes. Cependant la plus importante était celle dirigée par le citoyen Joseph DAUMAS, maître d'école et premier chantre.

Lors du rétablissement du culte, des réparations furent faites à l'église, à la cure et à la chambre réservée pour le logement de l'instituteur et le 29 prairial (17 juin) suivant, l'enseignement primaire fut enfin réorganisé par la délibération ci-après :

"Le conseil municipal réuni à la mairie sous la présidence du maire, lecture faite de la pétition du sieur DAUMAS Joseph, maître d'école dans cette commune, tendant à ce qu'il plût aux maire et adjoint et au conseil municipal de le désigner comme instituteur et dans ce cas de pourvoir à son traitement et logement. Le Conseil municipal prenant en considération la pétition du citoyen DAUMAS, considérant que dans une commune aussi peuplée, il est de toute nécessité
'avoir un instituteur capable non seulement d'enseigner les premiers éléments de la lecture, mais encore de donner des leçons d'écriture et d'arithmétique à ses élèves, considérant que les petites écoles qui ont été tolérées dans cette commune jusqu'à ce jour ne peuvent atteindre ce but, mais encore que l'instruction ne peut y être uniforme et que la surveillance en devient trop pénible pour la municipalité par leur multiplicité.

Est d'avis qu'il n'y ait qu'un seul instituteur pour la commune. Maintenant sa délibération du 21 germinal par laquelle il demande une somme de 550 Francs de centimes additionnels pour la réparation du logement de l'instituteur situé à la cure, est d'avis que ce logement qui sera composé de deux chambres à feu, de deux cabinets, écuries, tecks, etc, soit aussitôt son rétablissement mis à la disposition du dit instituteur qui tenu d'y établir sa classe.

Elle sera composée :

1°) de ceux et celles qui apprennent les premiers éléments de la lecture

2°) de ceux et celles qui apprennent à lire et à écrire et l'arithmétique.

Elle s'ouvrira en hiver à 8 h du matin et se fermera à 10 h et depuis deux heures jusqu'à 4 pour l'école du soir.

L'été l'école sera ouverte à 7 h du matin et fermée à 10 h et le soir ouverte à 2 h et fermée à 5 h.

Les jours de congé seront les jeudis de chaque semaine, les dimanches et les jours de fêtes maintenues par le Concordat.

L'instituteur sera obligé d'instruire gratis 6 indigents qui lui seront désignés par le maire, ce nombre n'en sera jamais augmenté. Les élèves de la première classe payeront chaque mois à l'instituteur 50 centimes, ceux de la seconde 1,00 Frs.

A raison des obligations imposées à l'instituteur, il lui sera alloué chaque année un traitement de 140,00 Francs, lesquels seront pris sur les revenus communaux.

Passant de suite à la nomination d'un instituteur, les maire et adjoint, de l'avis du conseil municipal, instruits des "bonne vie et mœurs et capacités" du citoyen Joseph DAUMAS maître d'école et premier chantre de cette commune, père de famille, ayant exercé cet emploi depuis nombre d'années à la satisfaction des habitants.

ARRETENT

Article 1er : Le citoyen Joseph DAUMAS premier chantre de cette commune est nommé instituteur.

Article 2 : En conséquence de la présente nomination, il est fait défense à tous les habitants de tenir des écoles dans la commune ou ses hameaux, sans qu'au préalable ils n'en aient obtenu la permission de la municipalité, et ce à compter du 1er vendémiaire de l'an 12.

Article 3 : L'instituteur se conformera exactement à la décision du conseil municipal dudit jour 29 prairial, laquelle sera de suite transmise avec le présent au Sous-Préfet de l'arrondissement pour en obtenir l'homologation. (Extrait du 2e registre pour les délibérations de la municipalité de GERGY page 82).

De la lecture du document qui précède, il ressort qu'il y a progrès réel sur les écoles existant avant la révolution, puisque aux éléments de la lecture viennent s'ajouter des leçons d'écriture et d'arithmétique et qu'on tient essentiellement à avoir un instituteur capable d'enseigner ces choses.

Cela ne veut pas dire toutefois remarquons-le bien, que, dans les anciennes écoles de paroisse, on se bornait à l'enseignement de la lecture. On y apprenait aussi à écrire et à chiffrer, et l'étude du catéchisme était l'objet de soins spéciaux. Mais ce qui faisait défaut, c'étaient les maîtres, les bons maîtres que l'on n'improvise pas. Pour remplir les fonctions de recteur d'école, le clergé se servait alors des personnes un peu lettrées de la commune, qu'il avait sous la main, et auxquelles il confiait d'autres emplois dans le service de l'église. Selon toute probabilité, le recteur était payé par les habitants et la fabrique, mais ses appointements n'étaient pas fixes.

A dater du premier maître qui porte le titre d'instituteur (Joseph DAUMAS), un traitement lui est assuré et son école revêt le caractère d'école communale.

Le 21 messidor an 12 (9 juillet 1804), Joseph DAUMAS renonce à l'incolat d'h
bitantage de ladite commune et à sa fonction d'instituteur. Il a pour successeur Jean MARECHAL, agréé par délibération du Conseil municipal en date du 12 thermidor, même année, approuvée par Monsieur le Préfet le 23 dudit mois.

Ce nouveau maître fut choisi pour remplir les fonctions d'instituteur et celles de secrétaire de la commune. Il est convenu que 9 enfants (au lieu de 6) recevront l'instruction gratuitement.

Le programme du 17 juin 1803 est augmenté de "l'obligation d'enseigner le pesage et le mesurage suivant le nouveau tarif et calendrier" et "autant que possible les premiers principes qui tendent à inspirer les principales vertus qui doivent composer l'honnête homme et vrai possesseur de la Religion que nous professons".

Le taux de la rétribution scolaire est ainsi fixé : 1ère classe 1,50 Francs, 2ème classe : 1,00 Francs, 3ème classe 0,50 Francs.

En outre, il est alloué à l'instituteur MARECHAL 120 Francs d'indemnité de logement et 300 Francs tant pour son traitement d'instituteur que pour celui de secrétaire.

Enfin une dernière condition lui fut imposée, celle de se présenter devant le jury d'instruction publique établi à CHALON pour y être examiné lorsqu'il en serait requis.

Comme on le voit, aucun titre de capacité n'est encore exigé.

Le 26 avril 1813, le sieur MARECHAL fut autorisé provisoirement à exercer les fonctions d'instituteur primaire dans la commune par décision de Monsieur le Recteur de l'Académie à la charge de faire enregistrer son autorisation au secrétariat de mairie et de ne pouvoir enseigner dans une autre commune avant d'en avoir obtenu la permission de Son Excellence le Grand Maître.

Appelé au poste de DEMIGNY, il fut remplacé par le sieur Philippe CHAZAUD, en vertu d'une autorisation de Monsieur le Recteur de l'Académie de DIJON du 17 juillet 1917.

On ne trouve nulle trace du programme et des conditions qui lui furent imposées à son entrée en fonctions. Ce furent vraisemblablement les mêmes que pour son prédécesseur.

A CHAZAUD succède Claude MENEAULT, nommé on ne sait trop pourquoi par Mgr l'Evêque d'AUTUN et mis en possession de son poste vers le 8 octobre 1825. C'est lui-même qui parle de sa nomination par l'évêque diocésain dans une demande adressée au conseil municipal pour obtenir des réparations dans son logement.

MENEAULT était un maître fort habile dans l'art de la calligraphie : les registres de son temps sont fort bien tenus; il exerçait aussi la profession de géomètre. En quittant GERGY il fut nommé à ECUELLES, où il prit sa retraite, après de longs et honorables services. Il mourut maire de sa commune.

Après lui, vint Antoine Joseph LOYE instituteur primaire du 2e degré, promu par Monsieur le Recteur de l'Académie de DIJON le 13 novembre 1829. Monsieur LOYE est l'auteur d'une méthode de lecture fort remarquable pour l'époque et justement appréciée des instituteurs : elle est encore en usage dans bon nombre d'écoles.

A la suite de la loi de 1833, et après avoir prêté serment, le 5 juillet 1934, il fut installé définitivement dans ses fonctions. Il se livra alors tout entier à l'organisation de l'enseignement mutuel dans sa classe et obtint, paraît-il, des résultats. En 1839, il abandonna le poste de GERGY pour celui de ST COME et se retira plus tard à DIJON.

Son successeur fut Monsieur Antoine FROUX, muni du brevet de capacité d'instruction primaire supérieure, nommé par arrêté ministériel du 31 janvier 1839 installé le 11 mai 1835. Il démissionna le 1er janvier 1867 après avoir formé une génération de bons élèves.

Après tous ces pionniers de l'enseignement, arrive enfin l'auteur de ces lignes, ci-devant instituteur à CHAMPFORGEUIL où il a exercé du 1er novembre 1853 au 22 janvier 1867, date à laquelle il a été appelé à GERGY.

A partir de la rentrée des classes de 1867, un instituteur adjoint est attaché à l'école de garçons. Jusqu'en 1820, il n'y eut pas d'école spéciale pour les filles, bien qu'à cette époque cependant, les registres de la municipalité fassent mention d'une lettre de Monsieur le Recteur d'Académie qui défend à l'institutrice Madame Veuve POURTHIER de recevoir des garçons dans son école, laquelle n'était qu'une sorte de garderie tolérée par l'administration locale.

Une délibération du 8 janvier 1826 parle d'une pétition présentée au conseil municipal par le sieur MENEAULT instituteur déjà cité et tendant à la for
ation dans sa classe de deux chambres pour chacun des deux sexes, à cause du trop grand nombre d'élèves. La salle fut divisée mais les deux sexes restèrent confiés à l'instituteur.

La première institutrice communale fut Madame Veuve LECLERC agréée par délibération du conseil municipal du 5 octobre 1834. L'année suivante, une dame Veuve PARIZOT s'établit comme institutrice libre et reçoit les garçons et les filles contre le gré des autorités. Le 1er novembre 1835, s'appuyant sur l'autorisation qui lui avait été délivrée par l'Académie, elle demanda à suppléer sa concurrente mais elle est évincée par le comité local qui conserve à Madame LECLERC ses pouvoirs et dans la même séance il décide que les filles ne seraient plus admises dans l'école de l'instituteur.

Madame LECLERC eut un traitement fixe de 200 Francs sur lequel elle devait prélever 90 Francs pour son loyer, plus la rétribution scolaire dont le taux uniforme était de 1,75 Francs par mois et par élève.

Le 6 juillet 1850, elle donna sa démission et fut remplacée par Mademoiselle Marguerite VARIOT et l'école de filles qui s'était tenue jusqu'ici dans un local quelconque loué par la commune fut transférée à la cure à la place de celle des garçons.

Un ancien bâtiment à côté de l'église fut acquis et réparé en même temps pour y installer cette dernière école ainsi que les services de la mairie. Le 29 janvier 1859 s'ouvrit une école libre dirigée par des religieuses de ST JOSEPH de CHAMPAGNOLE et le 22 juin suivant, par suite de la démission de Mademoiselle VARIOT l'enseignement congréganiste fut substitué à l'enseignement laïque dans l'école des filles. Cependant l'enseignement laïque comptait encore des partisans; de là, l'ouverture d'une école libre de cette catégorie qui, vu le taux élevé de la rétribution, ne tint pas longtemps. Puis le 1er mars 1880 l'école communale congréganiste est transformée en école laïque et l'une des religieuses en devint la directrice après avoir comme on dit posé le voile sur place.

Le poste d'institutrice adjointe n'a été crée qu'en 1882.

Les anciens bâtiments servant d'école aux deux sexes ont été vendus ou démolis en 1880 et la commune a fait édifier un magnifique groupe scolaire comprenant mairie, école de garçons et de filles, avec logements pour l'instituteur et l'institutrice. Ce groupe a été construit d'après les plans et devis dressés par Monsieur CHANGARNIER architecte à CHAL
N-SUR-SAONE sous l'administration de Monsieur LORANCHET maire aujourd'hui député de Saône-et-Loire et de Monsieur HENDLE préfet qui en a présidé la grande fête de l'inauguration le 18 septembre 1881.

La dépense totale a été de 83.004,25 Francs dont 21.887,37 Francs pour le coût de l'emplacement et 61.116,88 Francs pour l'exécution des travaux.

L'école paraît avoir été peu fréquentée avant la révolution. L'instituteur ou le recteur instruisait les enfants des deux sexes et il n'avait guère que le quart de la population scolaire. En revanche si l'on enseignait peu de matières, on le faisait bien, il y avait un certain progrès réel. Pour s'en convaincre on n'a qu'à consulter les registres de catholicité de cette époque : les signatures sont assez bien écrites et, chose curieuse, dans les actes de baptême par exemple, on en voit beaucoup plus émanant de la marraine que du parrain. Une autre remarque importante que nous avons faite relativement.

Au degré d'instruction, c'est que, parmi les personnes de l'âge de 50 ans et au-dessus, existant actuellement, un bon nombre sont complètement illettré surtout les femmes, dont la proportion est vraiment effrayante.

Ce n'est qu'à partir de 1850 qu'il y a amélioration, progrès lents, mais sûrs. Nous allons donner, du reste, des chiffres.

D'un travail de statistiques comparées de l'enseignement primaire dans la commune, auquel nous nous sommes livrés dans nos moments de loisirs et qui a figuré cette année même à l'exposition scolaire de NEVERS, il résulte :

1°) que le nombre de conscrits illettrés était pour la période décennale de :

1847-1856 de 45,85 %

1857-1866 de 24,07 %

1867-1876 de 21,54 %

1877-1886 de 6,62 %

2°) que le nombre des conjoints qui n'ont pas signé leur acte de mariage était de :

1847-1856 de : hommes 31,25 %, femmes 58,12 %, moyenne 44,68 %

1857-1866 de : hommes 32,57 %, femmes 53,14 %, moyenne 42,85 %

1867-1876 de : hommes 16,98 %, femmes 38,36 %, moyenne 27,67 %

1877-1886 de : hommes 5 %, femmes 13,33 %, moyenne 9,16 %

Religion :

Les habitants professent la religion catholique. La paroisse fait partie de l'archiprêtré de VERDUN-SUR-LE-DOUBS. Un traité passé entre le curé de GERGY et ses paroissiens en 1667 instituait un vicaire. Ce vicariat n'existe plus depuis la révolution. L'église placée sous le vocable de Saint Germain l'Auxerrois est à trois nefs et date du XIVe siècle. Elle est vaste et on peut la considérer comme monumentale. A plusieurs reprises elle a subi des modifications importantes. Primitivement elle ne comprenait que le chœur et la moitié de la grande nef actuelle. Cette partie la plus belle de l'édifice, aurait été construite, dit-on par les moines de SAINT MARCEL pour récompenser les habitants de GERGY du concours qu'ils leurs avaient prêté lors de l'érection de leur monastère.

Ils avaient même obtenu, chose rare pour cette époque, le privilège d'y conserver en tout temps la réserve ou hostie consacrée et l'on voit encore dans le mur du bout, côté est en dehors une niche fermée d'une pierre sculptée à jour dans laquelle brûlait constamment une lampe en l'honneur du Saint-Sacrement pour inviter le passant à entrer dans le sanctuaire.

Plus tard la nef principale a été allongée et l'on a construit les deux nefs collatérales dont les voûtes sont trop basses et qui n'ont pas la valeur du reste de l'édifice.

Autrefois quatre chapelles étaient érigées dans l'église de GERGY. Citons en particulier celle de Saint Jean Baptiste fondée par Jean Lebeault en 1449 et celle de Notre Dame qui relevait du fief de MEIX BERTHAUD et qui avait été dotée de revenus par les seigneurs de cette maison. On possède encore au château, avec documents originaux à l'appui, une liste complète des aumôniers qui ont été titulaires de cette chapelle depuis sa fondation (1659) jusqu'à 1790. Il est à remarquer que ce n'était pas toujours le curé de GERGY qui était désigné pour cet office. Le propriétaire fondateur de la chapelle y nommait qui bon lui semblait. Ainsi, dans l'intervalle ci-dessus : deux fois seulement sur II ; le prêtre desservant dudit lieu fut choisi. Voici un spécimen de l'acte de présentation :

" LOUIS QUARRE, écuyer, seigneur du fief de MEIX BERTHAUT sis au village de GERGY à Messieurs les vicaires généraux nommés par le Chapitre de l'Eglise cathédrale de ST VINCENT, le siège épiscopal étant vacant, salut ".

Le droit de présentation et de nomination de la Chapelle de Notre Dame érigée et fondée dans l'église paroissiale dudit GERGY au fond de l'aile droite nous appartenant de plein droit et en patronage laïque à cause du fief, et à vous les collations provision, institution et autres dispositions à raison de vos dignités, dûment informé des bonnes vie et mœurs et suffisance de Philibert Beuverand, chanoine en l'église St Georges à CHALON nous vous l'avons nommé et présenté, nommons et présentons par ces présentes pour être par vous pourvu de ladite chapelle, comme vacante par la démission pure et simple faite entre nos mains à CHALON par Monsieur Madelon Festenoire prêtre, curé de ST GERMAIN du BOIS en ce diocèse le 5 novembre 1711 dernier possesseur paisible d'icelle pour en jouir par ledit S. BEUVERAND aux honneurs droits, profits, fruits, revenus, émoluments en dépendant et tous, ainsi qu'en a joui ou du jouir ledit MADELON FESTENOIRE vous suppliant de lui en accorder toutes les lettres nécessaires pour en pouvoir prendre possession. En foi de quoi nous avons signé les présentes et apposé le sceau de nos armes. Donné à CHALON le 15 Novembre 1711.

Sous l'église de GERGY, se trouve un caveau ou charnier. Le cimetière entourait l'église mais en 1833, il a été transféré hors du bourg. L'ancien cimetière a été converti en une magnifique place publique qui compte huit rangées de tilleuls plantés en quinconce.

Le clocher massif contenait quatre cloches avant la révolution. Trois en furent enlevées en l'AN II par ordre du gouvernement. Une délibération des officiers municipaux et notables prise le 8 nivôse de la même année alloue une somme de 50 Francs sur les fonds communaux aux citoyens chargés de transporter ces trois cloches à CHALON.

Indépendamment de l'église paroissiale, il existe à GERGY deux chapelles l'une située à OSNAY et appartenant à la famille CESSOT, et l'autre au château de GERGY anciennement dit de MEIX BERTHAULT. Cette dernière ouverte au culte de 1659 à 1790 et fermée pendant la Révolution, a été rendue à sa première destination par la famille DE JOTEMPS, son propriétaire actuel qui, après en avoir obtenu l'autorisation l'a fait bénir à nouveau le 16 juillet 1888.

Nous allions oublier de mentionner à propos de l'église de GERGY, la belle verrière exécutée par Monsieur PAYET de LYON d'après les dessins de Monsieur RAFFORT, maire de cette commune, qui a aussi décoré le chœur de belles fresques.

A l'article biographie, nous donnerons de plus amples détails.

" Sur le finage de Bougerot, motte près de la SAONE qui paraît avoir servi de limitation entre GERGY et SASSENAY ou peut-être de sépulture aux gaulois " (extrait de COURTEPEE). Ce monticule de sable est celui qui figure sur la carte d'état-major sous le nom de Butte de Neuzillet à l'Est et en face du village de Sassenay. Il a été détruit, il y a quelques années pour être employé à la consolidation des digues de la SAONE. Sa hauteur était de 7 mètres. En 1861, Monsieur MORIN, maire de SASSENAY m'écrivait :

" Cette motte devait être soit une tête de pont dont on voit encore les vestiges dans les basses eaux (ce sont des pieux fichés dans le lit du fleuve) soit un tombeau romain. On y a trouvé des débris de fers de lance, d'épées et de sabres. A ce pont venait aboutir une chaussée en patois la " VIE ". Ce chemin se soudait, à l'Ouest, à la grande voie romaine de CHALON à ALLEREY par GERGY. Monsieur LACOUR, curé de SASSENAY en a parlé dans le même sens.

La troisième motte se faisait remarquer naguère, plus au Nord, mais toujours à la limite des deux communes. Elle a complètement disparue. On nomme encore l'endroit CROIX des FOURCHES parce que là s'élevait probablement le signe de justice de la seigneurie.

Ces trois monticules élevés de main d'homme ne délimitaient pas seulement sur ce point les communes de GERGY et de SASSENAY mais aussi les cantons de VERDUN et de CHALON. Il est vraisemblable qu'ils avaient été érigés dans les temps anciens pour servir de bornes à deux Pagi ou districts gaulois. (MONNIER annuaire de Saône-et-Loire).

Des vestiges de la voie romaine citée plus haut se voient dans les champs qui longent le chemin vicinal de GERGY à LESSU, quartier de Villeneuve. Le port de Raconnay était déjà utilisé dit-on par les romains.

Un peu plus en amont de ce port, en face du hameau, des débris de maçonnerie que l'on aperçoit quand la rivière est basse semblent indiquer des piles d'un pont romain.

Dans l'église on remarque deux tombes anciennes et illustres qui peuvent présenter un intérêt local.

L'une d'elles a été relevée par les soins de Monsieur Raffort, artiste peintre et maire de GERGY et adossée à la muraille de l'aile gauche, près des fonts baptismaux. Elle porte l'inscription suivante :

" Cy gissent Nobles hommes Jean Lebeault dit de GERGY seigneur de Lessard, Jean et Claude Lebeault écuyers lieutenants Agathe Rabutin et Mathelie Chadet femmes dudit Lebeault laquelle Agathe trépassa le 19e jour d'aoust de l'an 1470 et ledit Lebeault le 11e jour du 9bre de l'an 1490 ". La figure gravée sur la tombe paraît vêtue, armée et cuirassée à l'antique. L'écu de ses armes se voit aux quatre coins de la pierre.

Une autre tombe placée dans la chapelle de la VIERGE contient cette épitaphe.

" Cy git Jehan JOURDAIN natif de Bretagne pour lequel par noble homme Antoine de Godefret capitaine d'Auxonne a été fondée une messe de Notre Dame de pitié qui se dit chacun vendredy de l'an perpétuellement en l'église de céans et d'icelle messe et fondation sont collecteurs et patrons les héritiers de feu noble Jean de Luceas lequel Jourdain trépassa le 27e jour de décembre de l'an 1625 ".

Ces deux inscriptions gravées en lettres gothiques et d'ailleurs un peu usées par le temps, sont de prime abord presque indéchiffrables. Nous devons d'en avoir le texte à une note trouvée dans des manuscrits appartenant à Monsieur le Vicomte de Jotemps, propriétaire du château, dont les archives ont été préservées de la destruction pendant la période révolutionnaire. Un amateur y trouverait sans doute beaucoup à glaner.

Il n'y a pas longtemps on trouvait dans le pays un certain nombres de haches druidiques parfaitement conservées qualifiées par les gens de pierres à tonnerre. Nous en possédons nous-mêmes quatre presque intactes qui nous ont été apportées par les élèves pour être placées dans le musée scolaire. Mais les collectionneurs les recherches avidement et elles deviennent de plus en plus rares.

Un site retrace la vie de son gendre et de sa fille chez qui il est décédé, pour en savoir plus

Monograph by M JACQUARD

Duplicate of a monograph of the community of Gergy edited by MONSIEUR JACQUARD teacher in 1887

Communal monograph of GERGY, County of VERDUN-SUR-LE-DOUBS

District of CHALON-SUR-SAONE, Department SAONE-ET-LOIRE

GERGY, formerly GERGI, or GERGIS, "GERGGEIACUM GERGEIUM" as indicated in COURTEPEE, 1870.

However, precise information is lacking on etymology of the word.

The village is situated on a small hillside on the right side of the river SAONE, which constitutes its eastern border and separates its territory from that of VERJUX.

"Charming situation on an elevation, the feet of which are bathed by the SAONE" according to Courtépée in "Partie du territoire en franc aleu" (id).

Longitude East 2° 36'40" - Latitude North 46° 52' 42" - Altitude 187,5 m

9 km from VERDUN-SUR-LE-DOUBS (County capital) 14 km de CHALON-SUR-SAONE (District capital), 72 km de MACON (Departmental capital).

The community of GERGY is bordered to the north by the communities of ALLEREY and ST LOUP de la SALLE, to the west by DEMIGNY, LESSARD LE NATIONAL, and VIREY, to the south by SASSENAY, and, as stated above, to the east by the river SAONE.

Hamlets: Bougerot, Raconnay, Villeneuve

Homesteads: Osnay, Le Bois Curé, la Loge, la Maladière, le Moulin de la Folie, le Pré Vernois, les Quarante Arpents.

Gergy’s population is around 2,500 and increasing. The distributionof the inhabitants is as follows:

Population of the agglomeration comprising the centre:
751 in 193 houses and 249 households.

Population of the remainder, comprising hamlets and homesteads:
1022 in 249 houses and 267 households.

The location of the centre is determined, by custom, by the proximity of commerce. It touches the east border of the communal territory, roughly 500 metres from the SAONE and is clustered along and around the main road. Land to the west of the village was almost entirely covered by forest in former times.

Total surface : 3884 hectares, of which 1582 are devoted to agriculture, 188 are fields, 107 are vineyards and approximately 1,700 are wooded areas.

A territory of the plains, the charming vine-covered slopes spread to the north and the south following the line of the SAONE. The territory comprises rich meadows, fed by the waters of the Saudon, the Etang, the Collonge and the Vendaine, whose overflow arrives at the river. Vast forests can be seen to the west, which, today, for the main part, are the property of the descendants of the Count de Toqueville.

The note and traced plan below allow an appreciation of the geological constitution of the territory. We owe this information to the kind offices of Monsieur PIGNERET-CESSOT, head of works Ponts et Chaussées in CHALON-SUR-SAONE and inhabitant of GERGY.