La Libération de Gergy

Le 6 septembre 1944 : Les troupes de libération s’arrêtaient à Gergy

 

Rappels

Le 15 août 1944, la 1ère armée française débarque en Provence.

La 19ème armée allemande commence alors sa retraite, elle sera harcelée quotidiennement par les avions alliés, les SAS, les maquisards …

Au fur et à mesure que les troupes allemandes remontent, elles font sauter les ponts.

Les sapeurs du Génie allemand se sont installés pour préparer la destruction des ponts de la région.

Remembering the 15th August 1944; the 1st French Army arrives in Provence. The 19th Division of the Luftwaffe Witnesses 60 years on

On the 15th August 1944, the 1st French Army arrives in Provence. The 19th Division of the Luftwaffe retreats and is harried daily by allied planes, the SAS, and the maquis.

Step by step during their retreat the German troops blew up bridges.

Crack military engineers, so-called sappers, arrived to destroy all the bridges in the region.

 

 

Le 3 septembre, le pont de Tournus saute,

Le 4 septembre Tournus est libérée

Le 5 septembre c’est au tour de celui de Chalon

Le 4 septembre le pont de Gergy - Verjux saute

3rd September, the bridge in Tournus is destroyed,

4th September, Tournus is liberated.

4th September, the bridge connecting Gergy and Verjux is destroyed.

On 5th September, it’s Chalon’s turn.

 

 

 

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Le 5 septembre le pont de Chauvort saute
 

On 5th September, Chauvort’s bridge is destroyed.

 

 

 

Ce matin du 6 septembre 1944

Les habitants de Gergy en ce début de matinée du 6 septembre sont craintifs et joyeux à la fois.

La veille ils ont vu partir les troupes allemandes en direction de St Loup ou de Bragny.

Ces troupes ne ressemblent pas tout à fait à celles qu’ils avaient vu arriver quelques années auparavant, nous dit un témoin :

« Ils étaient sans armes lourdes, équipés de bric et de broc, de vieilles bicyclettes ou de charrettes, ils étaient pressés. » « On pensait qu’ils devaient arrêter les « américains » ou les retarder, mais ils ne resteront pas longtemps, par exemple, quelques heures seulement à Bragny, à surveiller à travers les tuiles d’un toit la route côté Ouest et le pont. »

Il en a été autrement du côté de ST Loup Géanges. Sur la route de Demigny, ils ont installé une ligne de défense avec armes antichars. C’était en effet là qu’ils attendaient les troupes de libération.

Le maire de St Loup et le commandant de l’armée de libération monteront d’ailleurs dans le clocher d’Allerey pour guider les tirs de l’armée de libération.

On sait également, à Gergy, qu’un détachement avancé des troupes de libération est apparu la veille à Sassenay.

The morning of the 6th September 1944,

the inhabitants of Gergy are anxious and merry at the same time early in the morning of this 6th of September.

The day before they had watched the German troops as they left in the direction of St Loup or Bragny.

These troops didn’t look like those who had arrived a few years before, one witness tells us:

They carried no heavy arms, bit odds and ends, old bicycles or carts and they were in a hurry. We thought they were going to stop the Americans or hold them up but they didn’t stay anywhere for long. In Bragny, for instance, they only stayed a few hours watching through some roofing tiles to the west side of the bridge.”

Others were near St Loup Géanges. On the road leading to Demigny, they set up an antitank defence line. In fact it was here that they waited for the liberating troops.

The mayor of St Loup and the Commander of the Liberation Army climbed up into the bell tower of Allerey to guide the targets of the Liberation Army.

In Gergy, too, an advanced detachment of liberation troops had been sighted the day before in Sassenay.

Vers 10 heures à Bougerot

 

A Bougerot sur le CD5 on les entend

Ils arrivent !

les bras se lèvent,

on applaudit, des drapeaux sont levés.

In Bougerot they can be heard arriving on the route CD5.

They’re here!

Arms are raised,

people are cheering and the flags are unfurled.

 

 

 

Le long du CD5 à Bougerot

Les gens sont heureux.

Along the CD5 in Bougerot

The people are happy.  

 

Vers 10 H 30 

 

 

 

 

 

 

Ils arrivent à l’entrée de Gergy
A l’entrée de Gergy, vers 10h 30

Les troupes de libération s’arrêtent un moment,

Les gens les acclament,

Le photographe immortalise l’instant.

Au niveau des premières maisons,

Les gergotins se rassemblent autour d’un char.

Que de joie,

c’est vrai !

La région se libère petit à petit.

Hier Chalon,

 

 

Approx. 10.30 a.m.
       
They arrive on the outskirts of Gergy,

the Liberation troops stop for a moment,

the people are cheering,

this photo immortalises the moment.

On reaching the first houses,

Gergy’s inhabitants gather around a tank.

What joy!

It’s really true!

Little by little the region is liberated.

Yesterday, Chalon,


 

Aujourd’hui Gergy.

 

Vers 11 heures !


Les troupes s’arrêtent dans le centre du village.

Il est 11 heures en ce 6 septembre 1944,

lorsque les habitants du centre de Gergy voient arriver les jeeps, les chars, les automitrailleuses…

 

 

Today, Gergy!

Shortly before 11 a.m.

The troops come to a stop in the centre of the village.

It is 11 a.m. on 6th September 1944,

when the inhabitants in the centre of Gergy see the jeeps, tanks, and armoured cars arrive. 

 

 

 

 

Ils passent devant le café du pont

Ils passent devant l’épicerie

Puis devant la boulangerie,

They file past the Café du Pont

They pass in front of the grocer’s,

and then the baker’s

 

 

 

 

 

Un char passe devant chez Guilard

et devant la quincaillerie – poste d'essence – Salin (Bachelet) 

A tank passing chez Guilard

and in front of the hardware store, the petrol pump (Bachelet),

 

Enfants et adultes lèvent les bras

les militaires saluent de la main.

Les troupes de libération vont s’arrêter devant l’église de Gergy devant l’hôtel du Cheval Blanc.

Ils sont nombreux raconte un témoin.

people of all ages express their joy,

and the soldiers salute them.

The Liberation troups stop in front of the Church and the Hotel du Cheval Blanc.

They were many of them, says a witness. 

 

On parle français avec eux, ce sont des français ! 

We could speak French with them. They are French!

 

 

 

 

 

 

Un jour qui restera longtemps dans les mémoires.

 

Je tiens à remercier très sincèrement les nombreuses personnes de Gergy ou de villages voisins qui m’ont, avec beaucoup de sympathie, apporté leurs témoignages ainsi que ceux qui m’ont prêté leurs photos : Messieurs Chanussot (décédé), Bachelet et Lapin.

Je remercie par avance tous ceux qui pourraient apporter d’autres témoignages.


Jean Claude Alary

A day that will be remembered for a long time.

I would sincerely like to thank the many people in Gergy or in the neighbouring villages who recounted, with much sympathy, what they had witnessed and those who lent me their photos: Messieurs Chanussot (deceased), Bachelet and Lapin.

Thanking in advance all those who could still bear witness to any of these events.

Jean Claude Alary

 

Reconstitué à partir de témoignages recueillis par JC ALARY, ce document marque le 60ème anniversaire de la libération de Gergy.

Comme dans toutes les communes de France, la lecture des noms gravés sur les monuments évoque le passé douloureux.

Les plus âgés de nos concitoyens se souviendront, les plus jeunes doivent savoir.


Daniel GALLAND

Reconstituted starting from eyewitness accounts gathered by J C ALARY, this document was created to commemorate the 60th anniversary of Gergy’s liberation.

As in all communities in France, reading the names on the war memorials evokes a painful historical passage of time.

The oldest of our citizens will remember, the youngest of them should be allowed to know.

Daniel GALLAND

Témoignage reçu à l'issue de la parution de cette article

 

de M Christian DURIAUD, fils de Lucienne Duriaud directrice de l'école de filles et Emile Duriaud directeur de l'école de garçons

la photo de l ancienne mairie je suis ne le 11 mars 1944 dans l aile droite (vu de face ) 1er étage fenêtre du centre.

Le jour de la libération de Gergy ma mère me donnait le biberon dans la cave de l'école. Elle a entendu les chars elle a crié " les voila " elle m'a posé sur les genoux de ma grand mère et est sortie sur la place. j'ai continué à prendre mon biberon.

Quelques jours plus tard une traction marquée FFI a freiné violemment devant l'école mitraillettes aux fenêtres, mon père est monté en courant à l'appartement en criant " je viens vous chercher pour vous mettre à l'abri ".

Il était lieutenant dans un maquis près de Dijon.

ma mère lui a répondu que les américains étaient là depuis 3 jours.

ma mère m'a raconté l'occupation, les résistants torturés dans la mairie et qui hurlaient. Mon père couchait dans la cantine fenêtre ouverte prêt à se sauver dans les champs.

Lorsque les allemands étaient à Gergy ma mère prenait sa bicyclette et un pot à lait et arrêtait sur la route de Verjux les hommes qui arrivaient à Gergy afin qu'ils ne soit pas arrêtés par les allemands.

Christian DURIAUD

 

Witness received from M Christian DURIAUD, son of Mme Lucienne Duriaud and Emile Duriaud, directors of the girls’ school and the boys’ school, respectively.


The photo of the former town hall on 11th March 1944 in the right wing of the building (seen from the front) on the first floor, middle window.

On Liberation Day my mother was giving me a bottle in the cellar of the school. She heard the tanks and cries of “there they are”. She set me on my Grandmother’s lap and went outside onto the square. I carried on with my bottle.

A few days later a traction vehicle marked FFI braked violently in front of the school, submachine guns at the windows; my father came running up the stairs to the apartment shouting, “I’ve come to bring you to a safe place.”

He was a lieutenant in a maquis near Dijon.

My mother told him that the Americans had arrived three days previously.

My mother told me about the occupation, the members of the resistance tortured in the town hall and screaming. My father slept in the canteen right next to the open window to be ready to jump out and flee over the fields.

While the German soldiers were in Gergy my mother took her bicycle and a jug of milk and stopped the men who arrived by the road from Verjux so that they wouldn’t be arrested by the Germans.

Christian DURIAUD