Hilaire de Chardonnet

UN GRAND INVENTEUR

Invention de la soie artificielle

A l'imitation du ver à soie :
Hilaire de Chardonnet
L'idée d'obtenir un jour un fil artificiel de soie est venu au Comte Hilaire de Chardonnet en 1865-1866 alors qu'il se livrait à l'étude demandée par le comte de Chambord sur la maladie des vers à soie et observait, d'un oeuil attentif, le travail du bombyx.

Le bombyx donne le fil de soie naturelle après s'être nourri des feuilles du mûrier, lesquelles sont riches en cellulose, et après avoir transformé mystérieusement une substance du règne végétal en une autre du règne animal. "Ne pourrait-on pas obtenir artificiellement un fil analogue à partir de la cellulose? Et comment obtenir une cellulose? " s'est demandé Chardonnet.

Il s'adresse à la nitrocellulose: c'est de la cellulose de coton qu'on trempe dans un mélange d'acides nitrique et sulfurique ; on obtient un coton poudre ou fulmi-coton qu'on dissout dans un bain d'alcool et d'éther; cette solution est connue, bien avant Chardonnet sous le nom de collodion.

On employait alors en photographie le procédé au collodion. Sur les plaques de verre on étendait une couche de mélange visqueux. Un jour qu'il maniait une de ces plaques, Chardonnet, par mégarde, l'inclina trop et retint au bout d'un doigt... un fil de collodion.Ce fil s'étirait à volonté, "J'ai trouvé! J'ai trouvé! " s'écria-t-il en parcourant le laboratoire. Qu'avait-il donc trouvé le nouvel Archimède? La possibilité de réaliser son invention au moyen du collodion qu'employait le photographe.

Cet événement a dû se produire au mois de juin 1883.

Inventor of artificial silk

The idea of imitating the silk worm to make artificial silk came to Count Hilaire de Chardonnet in 1865-1866 while he was carrying out a study on the sickness of silkworms for the Count of Chambord. His attention was focused on the work of the Bombyx mori.

The Bombyx mori naturally produces silk thread after it has eaten mulberry leaves, which are rich in cellulose, and after having mysteriously transformed vegetable to animal matter. “Wouldn’t it be possible to produce a similar artificial thread starting with cellulose? And how is the cellulose to be obtained?" Chardonnet asked himself.

He turned his attention to nitrocellulose. This is cotton fibre soaked in a mixture of nitric and sulphuric acids. The result is a cotton powder or fulmi-cotton that can be dissolved in a bath of alcohol and ether; this solution was known long before Chardonnet’s times under the name of collodion.

Collodion was widely used in photography to make plates. A layer of viscous liquid was spread on a glass plate. One day Chardonnet (who was interested in the emerging field of photography) while handling such a plate inadvertently tipped it and smeared the tip of his finger with the liquid. He touched the substance and as he drew his fingers apart he perceived the collodion thread, which he was able to pull as far apart as he wanted. It was his eureka moment and he ran shouting around the laboratory. So what had this modern Archimedes found? What he had discovered was the agent of collodion to realise his invention.

This event took place in June 1883.

A GERGY

Peu après, le chercheur se rend dans l'un de ces domaines de Bourgogne, à Gergy (Saône et Loire), bourgade située à 15 km au nord-est de Chalon sur Saône dans sa villa appelé "La croix Blanche". Hilaire de ChardonnetIl fait transformer une étable en un atelier laboratoire, bien éclairé grâce à de hauts vitrages. Un calorifère construit à Chalon peut assurer une température de 40 à 42 degrés.

C'est là qu'à la fin de juillet 1883 il réussit à étirer son premier fil de soie artificielle au collodion. Fou de joie, il le met dans sa bouche et l'en fait sortir en présence de sa famille et de quelques familiers. Sa famille l'appellera souvent le "ver à soie".

Soon after, the scientist travelled to his lands in Burgundy in Gergy (Saône-et-Loire), a small village situated 15km northeast of Chalon-sur-Saône and settled in his villa, "La Croix Blanche". There, Chardonnet had a stable transformed into a laboratory, well lit with high windows. An oven, manufactured in Chalon, ensured a temperature of between 40°C and 42°C.

It was here towards the end of July 1883 that Chardonnet succeeded in drawing his first thread of artificial silk using collodion. Overjoyed, he put it in his mouth and drew it out in the presence of his family and a few friends. From then on his family often called him “the silkworm”.

IL RENOUVELLE LES ESSAIS

Une bouteille en cuivre renfermant le liquide coloré (collodion) pour faire la Hilaire de Chardonnetsoie; on donnait la pression suffisante à cette bouteille pour permettre au liquide de pénétrer dans les tubes capillaires qui constituaient l'appareil à filer. De l'eau venait du tonneau... et,par un tube en caoutchouc, arrivait sur le fil à soie qu'elle humectait au fur et à mesure de sa sortie des becs. Les jeunes aides enroulaient les fils sur des bobines. Ils allaient aussi dans la Saône laver le coton destiné à préparer le collodion.

Les aides sont des enfants ou jeunes gens de Gergy même: Marcel Amien; âgé de quatorze ans et de son frère Louis, fils du vigneron qui habite la maison du laboratoire; Pierre Clément, Eugéne Lhoste. Pour les installations pratiques, les travaux difficiles,Chardonnet reçoit l'aide de son régisseur bourguignon : Barthélémy Fourneret. Il accompagnera l'inventeur en Allemagne et en Autriche et jouera un rôle de premier plan dans l'invention et l'industrialisation de la soie artificielle. Chardonnet lui gardera toujours sa confiance.

Further research

A copper bottle containing the coloured liquid (collodion) to make silk; by subjecting it to right level of pressure the liquid is induced into the capillary tubes that made up the thread apparatus. Water from a barrel and, through a rubber tube the silk thread arrives and is moistened as is comes out of the pouring lips. Young helpers wind the thread onto bobbins. They also go down to the Saône to wash the cotton destined to make the collodion.

Chardonnet’s helpers are children or young people from Gergy itself: Marcel Amien, 14 years old and his brother Louis, sons of the vintner who lives in the house adjoining the laboratory as well as Pierre Clément and Eugéne Lhoste. The work is difficult as far as the installations are concerned. Chardonnet enlists the help of Barthélémy Fourneret, his Burgundy manager. The latter accompanies his employer to Germany and Austria and plays an eminent role in the invention and manufacture of artificial silk. He remained in Chardonnet’s high esteem.

UN GRAND SAVANT

Le Comte de Chardonnet est le type même du véritable savant, passant de la pensée à la réalisation. Il a réussi par des procédés scientifiques à imiter la nature en reproduisant le brillant, la ténuité, la légèreté du vrai fil de soie. Il avait compris qu'on ne commande à la nature qu'en obéissant à ces lois. Il est mort pauvre, mais s'il vivait aujourd'hui, il se réjouirait sans doute du magnifique résultat obtenu.

Un lycée porte son nom à Chalon sur Saône.

A Gergy, une stèle située sur le bord de la route départementale 5 commémore son invention.