Bref aperçu de l’histoire de Gergy des origines à 1579*

 

Plusieurs siècles plus tard les Eduens (gaulois) s’installent à Gergy. Avec l’invasion romaine notre village prend son nom Gergy qui provient d’un toponyme gallo-romain « gergiacum fundum » qui signifie « le domaine de Gergius » riche propriétaire gallo-romain de la Villa de Gergy.

Au Vème siècle , Gergy reçoit un peuplement burgonde comme la plupart des villages du Val de Saône.

En 577, Gontran, roi mérovingien de Bourgogne, ordonne aux habitants de Gergy de participer à la construction de l’abbaye de St. Marcel qu’il vient de fonder. C’est la première mention écrite de Gergy, qui nait ainsi en même temps à l’Histoire au Christianisme et à la Servitude car le roi Gontran fait don de notre village aux moines de St. Marcel qui en seront les premiers seigneurs.

’est aussi à cette époque, à la fin du VIème siècle que la première église de Gergy est mentionnée.

Avec l’invasion des Hongrois en 937 notre village passe aux mains des comtes de Chalon qui ne l’administrèrent pas directement mais le confièrent à des   milites castri    chargés d’administrer et de défendre la seigneurie.

Notre village passe ensuite aux seigneurs de Réon jusqu’en 1236 date de la mort de la dernière descendante de ces seigneurs Béatrice de Réon- Montaigu fondatrice de l’église de Gergy.

C’est alors que notre village passe entre les mains de la puissante famille de Montaigu jusqu’en 1277 date de la mort de Philippe de Montaigu.

La seigneurie de Gergy est alors partagée entre ses trois filles issues de son second mariage avec Marguerite de St. Florentin.

La seigneurie du château échoit à Isabelle de Montaigu.

Elle comprenait :

Le château, la prévôté et les exploits de justice, la tuilerie près du château, les moulins du Bague et de la Folie, le pré de la Corbotte à Bougerot, la vigne du chastel à Raconnay, les villages de Montchanu et Raconnay.

Elle a appartenu successivement aux seigneurs De Commercy, De Quart, De Marcilly, De Montagny, De Lugny, De Louvain, De Clermont.

La seigneurie du Péage échoit à Marguerite de Montaigu.

Elle comprenait :

La maison du Péage (actuelle maison Lauquin rue des Huiliers), le Droit de Péage, le Droit de Quintaine.

Elle a appartenu successivement aux seigneurs d’Arcis, de Frolois, de Recey, Rolin, De Luxembourg, à nouveau Rolin, De la Baume et Tisserand.

La seigneurie des Bois échoit à Alix de Montaigu.

Elle comprenait : les bois de Gergy, environ 2 500 arpents,la Justice et le village de Villeneuve, la Justice et le village de Bougerot, l’étang de Rully, la vigne de Maugirard à Raconnay.

Elle a appartenu successivement aux seigneurs : de Brosse, de Thianges, de Ste Pallaye, de St. Léger et c’est Charles de St. Léger qui réunifiera la seigneurie de Gergy en 1579.

Durant cette période (1277-1579), la plupart des seigneurs ne résidaient pas à Gergy. Les liens de protection et de dépendance à l’origine du système féodal, qui unissaient le seigneur et ses  manants  ont disparu et Gergy est pour eux un placement lucratif au même titre que des actions en bourse. Ils délèguent des prévôts ou châtelains pour administrer leurs domaines et ceux-ci jouent le rôle des seigneurs et en profitent pour arrondir leurs biens tel est le cas de Jean Lebault personnage fort intéressant qui fonde l’hôpital de Gergy pour se racheter de ses fautes.

Dans le même temps les Gergotins vivent et travaillent ; beaucoup sont encore serfs, la plupart sont agriculteurs, vignerons, artisans ou les deux à la fois.

Comme partout en France à cette époque, l’Eglise est omniprésente dans les actes importants de la vie : baptême, mariage, enterrement. La hantise de la maladie, la peur de la mort pour eux et pour leurs enfants, les intempéries, les mauvaises récoltes, la crainte de Dieu, sont le lot quotidien des Gergotins de cette époque qui prennent à la moindre alerte toutes les dispositions concernant leurs funérailles, pour assurer l’avenir de leurs héritiers et s’assurer les bonnes grâces du Ciel

La solidarité, le souci des pauvres et des indigents tenaient une grande place d’où la création de quatre confréries charitables et de l’hôpital des pauvres fondé par Jean Lebault.

Nos ancêtres savaient aussi s’amuser et les mariages donnaient lieu à des fêtes qui duraient parfois deux jours. Une fois par an la foire de la Saint Matthieu réunissait tous les Gergotins qui réglaient leurs comptes, signaient les contrats de mariage, achetaient pour l’année ce qui leur était nécessaire, jouaient aux quilles et finissaient la journée en l’arrosant du vin de Gergy fort réputé à l’époque.

* Les blasons en tête sont ceux des seigneurs de Gergy.

Anne Joannelle 7 janvier 2016